UN MAL AU VENTRE DE SOLITUDE.

Des passages de n'importe quoi.
Du sans intérêt, du déjà vu.
J'écris de la merde et je suis assez maso pour l'exposer.

*

- Je refuse que tu parviennes à me faire croire aux sentiments. Je ne veux pas de cet engrenage, tu as compris ? Moi je crache sur ça, je piétine. Le c½ur, c'est devenu ce paillasson informe sur lequel tout le monde s'essuie les pieds avant de passer à autre chose. Y a plus d'amour, Gabriel. Rien que des appels au secours. Alors range ta belle gueule, je veux que tu me laisses tranquille. Je veux, je veux, je veux, tu m'entends parler ? Pauvre gamin gâté que je suis devenu. Parce que, devine quoi ? L'idée de te dire adieu un jour, ça me tue. Les au revoir, ça n'existe pas dans mon monde. S'il te plaît, laisse moi juste me fondre à toi. Comme si nous étions... vivants.

*

- Pas encore, patiente... tu vas devoir les suivre, Gab, marche derrière leurs pas, ils vont te guider. Tu aurais dû crever sous cette ceinture. Le cuir aurait dû signer ton arrêt de mort. Pourquoi tu te comportes comme une traînée, mon ange ? Tout est si facile pour toi que tu ne t'aperçois même pas que tu n'avances plus...
- Pourquoi tu ne m'as pas parlé, pourquoi tu ne m'as pas empêché de partir ? C'est toi qui m'a poussé vers lui... comprends que tu es un poison, tu me pourris, mais j'm'en fous, parce que c'est toi, tu comprends, c'est toi et ta cigarette en plein milieu de la nuit, toi et tes lames de rasoir, les baises que tu me forçais à regarder, nos danses sur les toits.

*

- C'était Johan. Enfin, non, il était pas vraiment là. Mais dans ma tête, si, tu comprends ? J'ai pu sentir son corps, et... son c½ur, battre, c'était, oui il était près de moi, et j'avais cette envie terrible de le toucher, comme j'ai envie de te prendre la main maintenant, parce que j'ai peur, que je me pèle, et que j'ai besoin de la main de quelqu'un, maintenant tout de suite, mais non, je ne le ferais pas, parce que je risquerais de la serrer bien trop fort pour toi, oui, on m'a toujours dit que je n'avais aucune conscience de ma force.
- Il y a un truc qui permet de rester en vie et qui s'appelle respirer. Tu devrais essayer, ça marche parfois.
- Tu sais, tout ça, notre horloge biologique et tous ces trucs, je crois que je la sens tourner à l'intérieur de moi, et elle va trop vite, et je crois bien que je me perds, et que j'en ai marre d'être un mécanisme. Parfois, il serait bon d'arrêter de respirer, d'ouvrir les yeux, et de voir que le monde ne change pas quand on essaie pas de l'ingérer. Le monde n'a pas besoin de nous, il vit parfaitement bien sans nos présences. Alors pourquoi on se borne à continuer d'y vivre, tu peux me le dire ?

*

- On doit vivre parce que tous les masques finissent par devenir obsolètes.

*

- Mes cheveux sont ternes. Ils sont secs sous mes doigts. Tu as vu la couleur de mes yeux ? J'ai l'impression qu'on a passé mes pupilles à l'eau de javel. Décolorés. Ils ne brillent plus comme avant, n'est-ce pas ? J'ai toujours cru que la musique parviendrait à me sauver, à adoucir tous nos m½urs. Mais un jour tu es parti, et je me suis dis que quite à mourir, je ne devais pas le faire seul.

# Posté le samedi 02 mai 2009 19:30

PERSONAL RESPONSABILITY.


On se perd et l'on boit pour oublier. Le lendemain n'a plus aucun goût, et se réveiller entouré par cette fichue lumière et ne plus savoir où l'on se retrouve. Gorge brûlée, paupières lourdes, yeux secs et ventre vide, dans la cuisine il fait trop noir. Engloutir la moindre miette, avaler sans mâcher, essayer de remplir ce vide, avoir envie de vomir, repeindre le carrelage. Avoir froid, très froid, trop froid, se tenir dans ses propres bras, se lâcher aussitôt, peau brûlante parce mal aimée. Fermer les volets, tendre les rideaux, se cacher sous la couette et attendre la fin qui n'arrive jamais, écouter toutes ces chansons qui vrillent le c½ur et le laisse sans issue, jouer les notes sur les côtes, réapprendre à respirer, étouffer sous la couette mais rester quand même, se surprendre à prier mais ne plus croire en rien. Pupilles vides comme les verres et les bouteilles, sols fracassés, crâne ailleurs, mal de tête et sursaut de lucidité. Larmes qui coulent toutes seules, vertiges, troisième étage sans ascenseur, pieds nus et verre brisé, le bruit des vagues et plus d'éternité. Le vide et les gens, les gens toujours la même chose, sourire aux passants et les maudire en même temps. Avoir mal et.




Se taire.

# Posté le jeudi 16 avril 2009 11:18

[...]

Putain, j'ai 20 ans aujourd'hui.

# Posté le lundi 23 février 2009 19:27

PEOPLE ALWAYS LEAVE, HM ? BULLSHIT.

Je crois que le pire, ce n'est pas les gens qui s'en vont.
Le pire, ce sont les gens qui s'éloignent.

# Posté le lundi 23 février 2009 09:09

Modifié le lundi 23 février 2009 19:28

WHITE PROBLEM.

WHITE PROBLEM.


A quoi ça rime, tout ça ?

Pourtant, tout semblait parfait entre nous.
Je l'avais longtemps convoité. Depuis l'adolescence, en vérité. Il m'apparaissait comme ce jeune homme rebelle et inaccessible qui peuplait mes rêves empli d'hormones mâles, fraîchement arrivées de je ne sais où.
Mes amis ne l'aimait pas. Lorsqu'il n'était pas dans la pièce, ils me disaient souvent qu'avec lui, je n'arriverais jamais à rien. Que c'était peine perdue, que le séduire n'était qu'une perte de temps. Je ne répondais jamais, hurlant intérieurement que la majeure partie de mon temps, je le perdais en pérégrinations à leurs côtés, écumant les bars afin d'être assez ivres pour ne pas penser à ce qu'on ferait demain.

Il m'est apparu un soir, ou plutôt une nuit. La lune était haute et pleine, nous étions en plein été. Les ventilateurs tournaient à plein régime, et les cigales ne cessaient de chanter. En bon insomniaque, je tambourinais les murs avec mes doigts, à la recherche d'un point d'attache qui pourrait suffisamment m'occuper.
J'ai observé ma chambre, diablement vide. Sur mon bureau, la lumière de la veilleuse faiblissait à vue d'½il. Puis soudain, je l'ai vu. Maintenant, je n'en suis plus très sûr, peut-être était-ce une illusion. Allongé sur le bois, il était sublime. Sa peau, d'une blancheur immaculée, était une ode à la pureté. Pourtant, ma seule envie était de le souiller. Je l'avais tant attendu, maintenant que je l'avais, je ne le laisserais plus partir.

Cette nuit là, nous avons fait l'amour, pendant des heures. J'ai laissé courir mes doigts sur chaque parcelle de ce qu'il était, n'en oubliant aucune. J'ai usé mes jointures, abimer ma peau, j'ai sué d'une transpiration nouvelle, qui me plaisait étrangement. Je l'ai aimé comme je n'avais jamais aimé personne. Nous avons dansé, et pendant une minute, il a été moi, j'ai été lui. Nous n'étions plus qu'un, et c'est tout ce qui comptait.

Le matin, il était parti, sans laisser de trace. Le manque de lui est vite arrivé. Je crois que j'ai vite cédé aux avances des autres. Même s'ils n'avaient pas le charme de la première fois, nos nuits étaient enflammées, et brûlaient de passion.
J'ai vécu longtemps avec eux. Je les emmenais partout. Parfois, je les partageais avec les gens que j'aimais, je les laissais les découvrir avec une pudeur que l'on pourrait qualifier de maladive.

Et je me retrouve là, sans armes, sans défense. Ils sont là, mais je ne leur plais plus. Ils ne veulent plus rien partager avec moi, et ce n'est pas faute d'avoir essayer. Ils restent désespérément blancs. J'ai oublié comment les faire vibrer, comment les faire danser entre mes doigts.
J'en ai parlé à une amie, de bons conseils. Elle a donné un nom à tout ça, que j'ai d'ailleurs trouvé ridicule. Qu'est-ce que c'était, déjà ?
Ah, oui.
Elle a appelé ça...

Le syndrome de la page blanche.

# Posté le dimanche 22 février 2009 20:05